Grégoire Béranger, artiste associé

Metteur en scène, auteur, compositeur, comédien, musicien et directeur artistique de la compagnie Halte — Saint-Étienne


Entretien avec Grégoire Béranger

1°/ Quelle signification cela a pour toi d’être "artiste associé" au Théâtre du Parc ?

Pour moi, être artiste associé, c’est comme un covoiturage. On partage le temps d’un voyage (3 ans en ce qui me concerne) des aventures, des projets, des visions, nos identités. Que ce soit avec l’équipe du théâtre ou avec le public, tout est une histoire d’échange. Le théâtre, c’est de l’échange. Il faut construire sans cesse des passerelles, inventer de nouvelles formes de transmission afin d’être, le temps imparti, un vrai compagnon de route. Avoir un outil à "disposition" comme le Théâtre du Parc, c’est une sacrée chance pour un metteur en scène et une compagnie. On peut prendre le temps de créer de vrais liens, de développer des projets durables et de rêver... Être artiste associé, c’est être à la fois force de proposition et à l’écoute des demandes et besoins du théâtre. C’est faire partie de la vie du théâtre. En réalité, nous nous accompagnons mutuellement.

2°/ Parle nous de ton travail avec la compagnie Halte.

La compagnie Halte, c’est du théâtre musical. C’est-à-dire qu’on mélange toujours un texte avec de la musique en direct, des comédiens avec des musiciens. Pour moi, ce mélange donne un autre rythme à une pièce, une autre vision. Depuis quelques projets, j’adapte des textes classiques (l’Odyssée, Macbeth,...) que je transpose dans mon univers, qui m’est particulier. Un univers dans lequel j’aime décaler les choses, les détourner, les rendre parfois plus accessibles. Mon but est de faire du théâtre populaire au sens noble du terme, du théâtre pour tous. Et pour y arriver, on essaye plein de choses, on tente des assemblages inattendus (du burlesque dans du
tragique par exemple...) en gardant toujours en tête le côté ludique du travail ; s’amuser en créant, sans jamais se prendre au sérieux. La compagnie Halte, ce n’est pas qu’un directeur artistique-metteur en scène, c’est une troupe ! Et c’est cette force-là, motrice, que j’essaye de mettre en avant. Nous développons ensemble une identité
particulière, un univers plutôt baroque et barré.

3°/ Quels sont les projets que tu portes avec le Théâtre du Parc pour cette saison 2021-2022 ?

Ils foisonnent et ils sont très riches. Nous avons déjà commencé sur la saison passée à développer deux formats plutôt numériques qu’on peut appeler les "tutos". Il y a d’un côté les "radios-tutos" que le public pourra découvrir comme lever de rideau de quelques spectacles de la saison : il s’agit de petites pastilles sonores qui jouent le rôle de feuille de spectacle. Elles recontextualisent l’auteur, la pièce, la compagnie de manière courte et humoristique. De l’autre côté, il y a les "vidéos-tutos" dont on a
déjà pu découvrir la première série sur la fin de saison passée. 4 nouvelles pastilles sont prévues à l’automne 2021. L’idée de ces vidéos (à retrouver sur le site du Théâtre du Parc) est de travailler autour d’une visite virtuelle du Théâtre du Parc où l’on découvre à la fois son architecture, son fonctionnement et toutes les légendes et mystères qui rôdent autour du théâtre. Toujours pour créer du lien avec le public, on va proposer également un petit castelet "l’humeur du spectateur" qui se trouvera dans le hall et dans lequel chacun pourra apporter son témoignage, son ressenti, ses critiques sur le spectacle qu’il aura vu. On va aussi mener des actions avec les scolaires (sensibilisation au théâtre, à la musique, à la voix,... peut-être des "radios-tutos" pour le jeune public) et je propose également un stage d’une journée à l’automne autour de la voix au théâtre. Tout un programme donc à découvrir tout au long de la saison à venir.

4°/ Quand pourrons-nous découvrir le travail de la compagnie Halte sur le plateau
du Théâtre du Parc ?

Le rendez-vous officiel est à la toute fin de l’automne 2021, où vous pourrez découvrir notre avant-dernière création Macbeth Hôtel, lui est un spectacle dont je suis très fier et qui a été un sacré challenge à monter. Je n’en dis pas plus, je vous laisse venir le découvrir ! Mais je pense que le public aura l’occasion de voir le travail de la compagnie sur d’autres rendez-vous que nous gardons secrets...

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